Dans son introduction Louis parle des challenges quotidiens dans lesquels nous engagent les projets open source. Ces challenges sont ceux de la coordination, de l'éducation, du développement, de la distribution. Tout ce qu'intrinsèquement notre projet doit évaluer, organiser, remettre en cause pour arriver à produire. Ce sont aussi les défis de la pauvreté et de l'infrastructure, la résistance bureaucratique et politique, tous, que nous rencontrons actuellement. Louis met tout ceci en perspective avec la propriété intellectuelle et le pouvoir hégémonique aux ressources profondes et ramifiées de certains empires. Ceux-ci nous forcent à la résistance et, oui, nul n'est plus créatif que lorsqu'il doit résister. C'est notre ressource et notre énergie, celles de pouvoir mutualiser les idées, les outils et les problématiques pour en faire une richesse commune. Il insiste sur cette résistance qui nous pousse à faire ce qui est bon pour notre communauté et qui plus est notre communauté proche. Je vous engage à lire son article, sans y référer tout du long, j'y reviendrai par moment.

Vous le savez puisque vous me lisez, OpenOffice.org est une suite bureautique. Mais c'est en fait bien plus que cela. Beaucoup ne voient que l'outil plus ou moins adapté à leur besoin quotidien. En fait, je dirai qu'OpenOffice.org est déjà l'avenir, depuis son tout début. Pourquoi ? Parce que le format de fichier qu'il utilise est révolutionnaire. C'est un format qui a été développé par un consortium d'entreprises, le consortium OASIS, donc pas une entreprise, mais un ensemble. Ce format est utilisé par d'autres outils bureautique comme StarOffice, IBM Workplace, KOffice et ce depuis plusieurs années maintenant. Ce format est ouvert, entièrement publié. Depuis le tout début, il a été testé par l'ensemble des utilisateurs, éprouvé, corrigé pour arriver à l'état de maturité qui est le sien, déjà un an qu'il est une norme ISO.



Mais qu'est-ce que cela signifie pour un utilisateur, pourquoi s'occuper du format de fichier ? Ce format est documenté, cela va permettre à chacun de pouvoir le mettre au coeur de ses outils, qu'ils soient gratuits ou commerciaux. Grâce à sa flexibilité, on peut intégrer l'ensemble des fonctionnalités ou une partie dédiée aux besoins de l'outil ou du métier concerné par cet outil. Lorsque vous souhaiterez échanger le document que vous avez créé, peu importe l'outil qu'utilisera votre interlocuteur, vous saurez qu'il lui est possible d'accéder à l'information que vous lui transmettez. De même, vous êtes le réel propriétaire des documents que vous avez créé puisque vous n'êtes pas lié à un outil (OpenOffice.org dans notre cas) pour diffuser, relire, modifier vos documents. Cette notion d'indépendance est très importante, quid d'une société qui perd son patrimoine parce que l'outil avec lequel elle l'a créé n'existe plus, n'existera plus, ou dont la licence lui est devenu trop coûteuse ?

Là, pas de frais de licence à payer, vous êtes dans la légalité sans même vous en occuper, une pérennité des données que vous pourrez lire même avec un simple éditeur de texte grâce à ODF. Et nous allons même plus loin puisque nous somme en train de développer des outils qui vous permettront de manipuler la richesse de vos documents sans même avoir OOo installé sur votre ordinateur quel que soit son système d'exploitation. Vous en saurez plus en visitant le projet ODF toolkit (odftoolkit.openoffice.org), nous ne nous arrêtons pas à une simple suite bureautique.

Si nous revenons au texte de Louis, il parle également de l'importance de la langue dans l'apport d'autonomie et l'économie informatique. Effectivement, pouvoir travailler dans sa propre langue, permettre la création en utilisant ses racines et sa propre culture fait partie des enjeux d'un produit tel que OOo. Au centre du poste de travail, permettre à chacun de s'exprimer dans sa langue avec des outils performants et qualitatifs fait partie de la stratégie de notre produit et de notre projet. De nombreux pays en voie de développement et émergents l'ont compris et ont validé le format et la suite comme étant l'enjeu de leur indépendance informatique.

Pourtant, il reste beaucoup à faire, rappelez-vous tous les challenges dont nous parlions au début de ce texte. Même si OpenOffice.org y fait face avec succès, il y a sans doute une chose que nous n'avons pas correctement communiqué à nos utilisateurs : le fait qu'ils sont devenus des acteurs et non plus de simples consommateurs.

Ce produit n'existe et ne se développe que par leur biais, il n'a aucune contrainte commerciale. Être acteur, cela signifie aussi gagner en indépendance, on peut influer sur les choix qui sont faits et la façon dont ils sont faits. Pourtant actuellement, très peu de ces acteurs sont engagés dans le projet alors que cela devient crucial pour son avenir. Ces utilisateurs ce sont multipliés ces deux dernières années, la version 2.2 par exemple a déjà été téléchargée environ 500 000 fois sur les sites français alors qu'elle n'est disponible que depuis la mi-mois. Des utilisateurs qui ont choisi une suite libre, performante et gratuite. Vous qui utilisez OOo au quotidien, vous êtes vous déjà posé la question du nombre de bénévoles derrière ce projet ? Ceux qui ont traduit la suite, ceux qui en ont fait l'assurance qualité, ceux qui l'ont documentée, ceux qui en ont étendu les capacités par des macros ou des extensions, ceux qui répondent à vos questions sur les listes. Quant à ceux qui développent le coeur du produit, bien sûr, il y a des grands éditeurs, mécènes du projet, d'autres SSLL ou SSII qui participent également en s'engageant à reverser les développements financés par leurs clients, et encore des bénévoles.

Et pourtant, cela ne suffit pas. Nous devons faire mieux, corriger plus vite les dysfonctionnements, continuer à être révolutionnaire et donc réfléchir aux usages de demain, être plus disponibles pour de nouveaux services, être meilleur en marketing, etc... Et pour cela nous avons besoin de vous, et de vous tous, que vous soyez une entreprise, une administration, un simple utilisateur. Cet investissement que vous ferez, vous en êtes le bénéficiaire direct maintenant et dans plusieurs années.

Comment investir, comment devenir cet acteur ? Et bien je dirai que si vous avez lu jusqu'ici, vous avez maintenant compris certains des enjeux de notre projet et que vous avez sans doute pleins d'idées sur une façon de vous impliquer.

Mais voilà quelques idées qui cheminent également le texte de Louis : Notre travail est de développer, nous avons donc besoin que ces développeurs sachent travailler dans un projet open source. Je ne vais pas l'exposer ici, (je vous engage à lire le texte de Louis dans son intégralité pour cela), mais oui, c'est une méthode et une posture différente. Il faut donc que ces développeurs soient formés et pour cela que cette formation rentre dans nos écoles et nos universités. Les étudiants sont une force à qui nous avons également beaucoup à apporter. Cette synergie école/projet/entreprise fait progresser l'ensemble de l'économie informatique.

Notre travail est de coordonner ce développement, de faire de la prospective sur les outils, les process qui sont mis en oeuvre et pour cela nous avons un savoir-faire que nous partageons. Cela a un coût en temps que nous devons pouvoir dépenser.

Notre travail est de vous aider, de vous fournir les outils dont vous avez besoin. Soit sous forme d'extensions, soit sous forme de fonctionnalités et là encore, nous avons besoin de vos retours pour nous aider à mettre cette assistance en place et qu'elle soit la plus pertinente possible.

Et ceci ne concerne pas que OpenOffice.org, mais l'ensemble des projets open source. Nous savons nous fédérer, notre base d'outils, de savoirs est commune, nous savons l'enrichir de vos contributions. Pour exemple, le correcteur orthographique français qu'OpenOffice.org partage avec Thunderbird.

Vous êtes acteurs d'un monde ou la mutualisation constitue votre véritable indépendance.